C'est l'heure du concours automnal sur Thread & Needles ! Mot d'ordre : partir d'une œuvre d'art, pourvu que le point de départ puisse être représenté par une image.
La charrue est arrivée avant les bœufs puisque j'avais besoin d'un pyjama, et que trois gros coupons de coton gratté en transit squattaient l'appartement (j'avais eu un mot de ma maman pour le Gentleman, lassée de plus trouver de pyjamas en pilou à Eurodif et satisfaite de la première tentative de son atelier clandestin : "Si d'aventure ma fille dégueule sur votre comptoir des mètres de coton gratté, laissez-la faire c'est moi qui régale. Madame Grès." (sans déc, c'est pas un pseudo, et ça fait tout de suite argument d'autorité.)) L'esprit colonisé par des nuées de pyjamas moelleux, il n'est pas étonnant que la chanson "Bedsitter" de Soft Cell me soit rapidement revenue en tête, son vidéoclip visionné, et le rapprochement avec ma future œuvre opéré. Entourloupe avouée est à moitié pardonnée. Et avec au moins la certitude de faire quelque chose de portable au quotidien, ce qui n'est pas toujours mon fort...
Bon si, y a quand même un truc pour lequel je me suis directement inspirée de l'œuvre, c'est la chemise/pyjama.
Combien y a-t-il de lapins dans cette image ?
Comme je n'avais pas de patron de haut de pyjama sous la main, je me suis dit que le patron fait en juin, en taille àpeuprès46 (la 44 était découpée) pourrait relever le défi du nahitouaire. Pour le pantalon, j'ai tenté le bas de pyjama proposé dans le livre de Casual wear homme de Christelle Beneytout, intriguée par la proposition de jambe en une pièce comme sur les patrons de leggings. J'allais partir sur la plus petite taille, la 36, faite pour un TT=82 et TH=98, mais la mesure directe sur patron annonçait un enfilage malaisé et des fesses boudinées, donc je me suis prudemment repliée sur la taille 40. Ce pantalon est si simple à réaliser que ça m'a fait tout drôle de l'avoir déjà terminé avant d'aller me coucher. Pas un miracle de seyant, mais tout à fait convenable pour un bas de pyjama.
feat. le mug le plus moche de l'univers
J'avais d'abord envisagé un passepoil pour relever le haut du pyjama, puis je me suis dit, bah, bateau, prenons plutôt un ruban de velours. Comme ce n'était pas bien synchronisé là-haut, je me suis rendue compte après achat qu'un ruban ne pouvait être positionné en bord de pièce comme du passepoil : il se retrouve donc sur les épaules, les poignets et la poche, et à 1cm du grand bord du col. La machine à coudre étant comme le cerveau de sa propriétaire, sans double entrainement, le tissu se retrouve légèrement froncé sous le ruban inextensible.
Trop heureuse d'avoir un thermocollant libéré du fléau du gondolement par le baptême, j'en ai mis en dessous du col ; ct'un peu raide maintenant mais ça fait très mystérieux quand je relève le col. On pimente ses nuits comme on peut.
Enfin j'ai ajouté une pièce d'échine arrondie pour compléter la parementure, le col fut ainsi moins embêtant à poser.
Les photos ont été prises après notre première nuit ensemble : très doux, tout confort et pas tout à fait aussi chaud qu'un pyjama en éponge, il fait un très bon pyjama d'automne.







